Dimanche 12 février 2012 7 12 /02 /Fév /2012 09:31

__ La bonne idée de la semaine, c’est celle de Nicolas Sarkozy. Car le président de la République est un être multitâche qui parvient à la fois à entretenir un pseudo mystère sur sa candidature à l’élection présidentielle et sortir des propositions géniales pour servir notre grande civilisation. Nicolas Sarkozy donc, dans une interview au Figaro Magazine, a envisagé de réformer le système d’indemnisation du chômage. "passé un délai de quelques mois", les chômeurs "sans perspective sérieuse d’emploi" seront ainsi obligés de suivre une formation qualifiante. Cette formation qualifiante sera choisie par un "comité national qui identifiera, avec des chefs d'entreprise et des syndicalistes, les secteurs d'avenir créateurs d'emplois" (les conseillers d'orientation qui répètent à longueur de journée aux collégiens que leurs études doivent être "choisies plutôt que subies" peuvent donc retourner apprendre un autre texte). Puis, le chômeur nouvellement formé sera "tenu d'accepter la première offre d'emploi" correspondant à ses qualifications. Cette solution magique pour remettre une bande de feignasses au boulot n’est pas la seule bonne idée de Nicolas Sarkozy, qui a tenu à bien emballer son cadeau : la réforme pourrait être adoptée par référendum. Quoi de mieux que redonner le pouvoir décisionnaire au peuple ? Quelle meilleure expression de la volonté générale ? C’est donc le moment d’invoquer mon grand ami Jean-Jacques (pas Goldman, l’autre) et de rappeler que la volonté générale, c’est l’avis d’un groupe sur une mesure qui touchera tout le groupe. On ne fait pas décider à toute une population quoi que ce soit qui ne concernerait que certains : ni la marque d’anticernes que François Fillon devrait acheter ni l’endroit où devrait s’exiler Nadine Morano ni la façon dont les chômeurs seront indemnisés.

 

__ Les photos de la semaine, ce sont celles des lauréats du World Press Photo 2012. Clichés marquants, poignants d’une actualité souvent violente, parfois même monstrueuse. Non content de foutre une raclée à tout le monde dans les compétitions sportives, l’Espagne remporte aussi le premier prix avec une photographie de Samuel Aranda, prise dans une mosquée de la capitale yéménite Sanaa.

HS47---World-press-photo-2012-Samuel-Aranda.jpg

Les clichés de l’actualité sportive sont également magnifiques, mais ma préférence toutes catégories confondues va au reportage de l’argentin Alejandro Kirchuk. Never let you go, ou l’histoire d’un couple frappé par la maladie d’Alzheimer. Parce que photographier l’invisible avec autant de force, mettre tant de sous-entendus dans si peu de choses, c’est sublime.

HS47---World-press-photo-2012-Alejandro-Kirchuk-Daily-life-.jpg

 

__ L’évènement de la semaine, c’est celui qui a eu lieu samedi soir au Vasco de Gama, un café toulousain. Pour préparer le jour le plus inutile de l’année, celui dont tout le monde a beau jeu de se foutre comme d’une guigne mais de ne parler que de lui pendant les vingt-quatre longues heures qui sont les siennes, j’ai nommé la Saint Valentin, une vente aux enchères est organisée. Jusque là tout va bien, mais les lots cédés aux plus offrants sont en fait... des célibataires. Cinq filles et autant de garçons pour lesquels les participants pourront enchérir toute la soirée. Depuis la naissance de cette tradition, il y a trois ans, le concept remporte un franc succès et les mises grimpent parfois jusqu’à 90 euros. L’intégralité des sommes récoltées est reversée aux Restos du Coeur, et le célibataire le plus cher a droit à un verre d’alcool, à partager avec son acquéreur.

 

__ Le ressuscité de la semaine, c’est notre autobronzé transalpin préféré, aka. Silvio Berlusconi. L’ancien président du Conseil italien, dont on n’avait plus de nouvelles depuis sa démission en novembre dernier, n’est ni mort ni exilé sur une île déserte avec des gogo danseuses. Toujours à Rome, où il se murmure que la dépression le guette, il accorde sa première longue interview au mensuel The Atlantic, revenant sur son parcours. Et autant vous dire que l’amateur de fake-tan et de teinture capillaire n’a pas beaucoup changé. La crise économique italienne ? "Les choses n’allaient pas si mal", assure-t-il. Abandonner la politique qui, selon ses propres mots, lui déplaît profondément ? "Ce serait une victoire pour la gauche". Son nouveau but est donc de modifier la constitution italienne pour donner plus de pouvoir au président du Conseil. Pour les affaires de moeurs, il nie, regrette un peu, mais ne s’excuse surtout pas. Quant à ses remarques douteuses et ses blagues graveleuses, "il n’y a rien à se faire pardonner". D’ailleurs, Silvio en remet une couche dans la série des phrases anthologiques : "La seule chose dont on ne m’a jamais accusé, c’est d’être gay. Soyons clairs, je n’ai rien contre les homosexuels. Au contraire, j’ai toujours pensé que plus il y avait d’homosexuels autour de moi, moins il y avait de compétition".

HS47---Silvio-Berlusconi.jpg

 

__ Le coup de gueule de la semaine, c’est celui de la poissonnière la plus célèbre de la République. Nadine Morano a en effet repris son rôle préféré dans la campagne présidentielle, rôle proche de celui de la ligne offensive d’une équipe de football américain : protéger Nicolas « quaterback » Sarkozy en plaquant les membres du camp adverse dès qu’ils bougent le petit doigt. Mais même un mouvement n’est plus nécessaire pour s’attirer ses foudres, puisque cette semaine la ministre chargée de l’apprentissage a pris pour cible l’une des candidates les plus immobiles de la campagne : Eva Joly. « [Son] problème ne vient pas que de son accent, c’est aussi physique. On voit qu’il n’y a pas de communiquant derrière », a déclaré Nadine, toute en classe et en sobriété. Une attaque qui a suscité un véritable tollé, à tel point que la ministre s’est sentie obligée de s’expliquer sur son blog. D’après elle, sa remarque était un compliment à la candidate d’EELV, dont elle aurait évoqué « le naturel et la liberté d’allure ». Et Nadine en a profité pour pousser un coup de gueule contre les journalistes sournois, fourbes, que dis-je, chafouins ! qui déforment ses propos. Et pour faire une belle faute de conjugaison par la même occasion. 

Par Margaux
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Retour à l'accueil

Commentaires

J'aime ce genre d'article qui me met de bonne humeur le matin ^^
Et ça me fait penser qu'entre deux cours de conduite désastreuses et un concours de traduction, il faut que je vienne te voir ! :-)
Commentaire n°1 posté par Lutin le 12/02/2012 à 10h09

Bureau des réclamations

Follow me...

Please leave a message

Calendrier

Juin 2012
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>

Eux, je ne les connais pas

(mais je les aime beaucoup quand même)

Chez Cécile, have you met her?

Chez Lili, sa revue fine et pertinente

Chez Simone de Bougeoir, c'est un peu hippie et très drôle

Chez Tania, la minute Papillon

Chez la Team ALTA, l'actualité people comme vous ne l'avez jamais lue

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés