Mercredi 28 décembre 2011 3 28 /12 /Déc /2011 22:57

Vous les avez suivis lors des révisions du Bac de Ju la Velue et pour mon déménagement à Tours. Découvrez-les pendant trois jours marqués du sceau de la feignasserie chronique, de cet âge ingrat qu'est l'adolescence (quand tu t'habilles n'importe comment, que tes cheveux sont gras et que toute question posée par une personne âgée de plus de 18 ans suscite la même réponse, aka. un nez froncé, des yeux plissés et un petit "heeeeein ?" tenant plus du borborygme que du mot), de la ripaille et des perles balancées par-dessus les huîtres ou les queues de langouste. 

 

Moi : Je peux conduire ?

Ju la Velue : Non, c’est moi. Faut que je fasse encore des kilomètres si je veux passer le permis un jour.

Le Saint Père : C’est Ju qui conduit. Et c’est moi qui choisis ce qu’on écoute dans la voiture.

Moi : QUOI ?

Le Saint Père : A l’aller, ce sera Le Grand Jury d’RTL. Invité : Nadine Morano. Au retour : Frédéric Lefebvre.

 

Ju la Velue : A quelle heure on part ?

La Reine Mère : Quand on est prêts.

Moi : En même temps, arriver dans trois jours, ça sert à rien. Il faut qu’on se fixe un objectif.

Le Saint Père : On en a déjà un d’objectif : arriver à Bordeaux.

Moi : Bon, on n’a qu’à dire qu’on part à 15h30.

Le Saint Père : Ok. Maintenant on se fixe un deuxième objectif : combien de retard sur l’horaire prévu ?

 

Le Saint Père : Attention, écarte-toi. Le cycliste a le droit de vivre aussi.

 

La Reine Mère : Attentiooon l’ambulaaance !

Ju la Velue : Je fais quoi lààààà ?

Le Saint Père : L’ambulance est prioritaire. Mais accélère, tu vas te la faire.

La Reine Mère : Philiiiippe !

Ju la Velue : Bon alors je fais quoi ?

Le Saint Père : Vas-y je te dis !

La Reine Mère : Philiiiippe !

Le Saint Père : On ne peut pas être deux à donner des ordres. C’est totalement antipédagogique !

La Reine Mère : Mais tu lui fais faire n’importe quoi !

Le Saint Père : C’est MA voiture. C’est MOI QUI COMMANDE.

 

Le Saint Père : Attention au mec qui traverse là. Il a le droit de vivre aussi. Malgré ses baskets roses.

 

Le grand-père : A TABLE !

 

Noel-reveillon-foie-gras-confiture-de-figue.jpg

 

La grand-mère : Grégoire, tu veux bien remonter ton pantalon ? On voit tout ton caleçon, là.

Chemo : Mais tu comprends rien toi ! C’est la mode. C’est STYLE.

 

Cousine blonde : J’ai tellement pas envie d’aller à la messe ! Je suis obligée d’y aller ? Franchement, ça craint gra-veuh.

 

Ju la Velue : Non mais je suis obligée d’aller me laver ? Franchement, ça saoule.

 

Moi : J’ai encore perdu mon portable.

Le Saint Père : Mais si t’es pas capable de le retrouver, attache-le à ta culotte !

Capucine : Mauvaise idée, elle n’en a pas.

 

La Reine Mère : Grégoire, ça fait combien de temps que tu n’as pas pris de douche ?

Capucine : Sans vouloir le dénoncer, pas une seule depuis qu’il est arrivé ici. Donc il y a trois jours.

 

Cousine blonde : Je pense que si tu n’es pas obligée d’aller à la messe, je peux y échapper.

Capucine : Je n’ai jamais été obligée d’aller à la messe.

Cousine blonde : Et toi Margaux, tu vas à la messe ?

Ju la Velue : Margaux ? A la messe ? Margaux, la mécréante, la pécheresse, la suppôte de Satan, le Diable en personne ?

 

Tante Parisienne : Et vous les filles, vous avez des copains ?

Ju la Velue : AHAHAHAHAHA.

Capucine : Euh...

Moi : …

Tante Parisienne : Non mais sérieusement Margaux, qu’est-ce que tu fous ?

La grand-mère : Ne réponds pas, ça ne nous regarde pas. Mais de toute façon tu t’en fiches d’avoir un copain. Tu es très bien toute seule, pas vrai ?

 

Ju la Velue fait semblant d’être en plein boulot

Cousine blonde : Mais pourquoi les belles devraient travailler ? Juliette, tu pourrais être strip-teaseuse. Ou même mieux, péripatéticienne !

 

Tante Parisienne : Tu sais Margaux, ta cousine me fait tellement penser à toi. Elle est d’une méchanceté, parfois…

 

Tante croate : On part à la messe, qui vient avec nous ?

Ju la Velue : AHAHAHAHAHA.

 

Le grand-père : A TABLE !

 

Noel-reveillon-huitre-citron-copie-1.jpg

 

L’Oncle préféré : Il est très bon, ce foie gras. Faut absolument que je vote l’année prochaine. J’ai trop peur que les socialistes passent. Tu me passes du saumon ?

 

L'Oncle chou : Evidemment, c’était n’importe quoi ce qu’a écrit Le Canard Enchaîné. D’ailleurs, Le Figaro a sorti la vérité le lendemain. Et Bouygues attaque en diffamation.

Le grand-père : Ces journalistes alors, tous des petits fouille-merdes !

 

Chemo : Tu sais que si tu prends mes initiales, B. Grégoire, ça fait BG. Comme Beau Gosse.

Ju la Velue : Ouais, et Grégoire B. ça fait GB. Comme Gros Boulet.

 

Ju la Velue : Qui veut son horoscope sexuel 2012 ?

Capucine : Moi. Vierge.

Ju la Velue : Vous êtes totalement soumise aux désirs de votre compagnon. Attention, vos fantasmes devraient peut-être rester à l’état de fantasmes.

Moi : Moi. Lion.

Ju la Velue : Le duo Uranus-Vénus s’occupe de votre cœur. Vous êtes passionnée, consommatrice de nuits d’ivresse et de week-ends coquins. Qui le veut ? Qui est célibataire ?

Chemo : Moi ! Euh… non, pas moi.

Ju la Velue, MoiCapucine  : T’es pas célibataire, toi ?

Chemo : Ben je sais pas en fait. Je ne me souviens plus.

 

La Reine Mère : Grégoire, tu veux bien remonter ton pantalon ? On voit tout ton caleçon, là.

Chemo : Mais tu comprends rien toi ! C’est la mode. C’est STYLE.

 

*Devant un clip de LMFAO*

(je vous rappelle que LMFAO ils ont cette tronche)

LMFAO-musique.jpg

Tante Parisienne entre.

Tante Parisienne : Rôôôh les moules devant la télé !

Tante Parisienne s’affale sur le matelas gonflable.

Cousine blondeCapucine : Nooon, mais vas-y dégaaage !

Tante Parisienne : hors de question. C’est quoi cette merde ? Pourquoi vous regardez ça ? Ohlalala qu’ils sont moches ! Sérieux, y’en a un qui vous plaît ? Quelle bande de ploucs. Aucun ne me fait kiffer moi. C’est nul. On regarde autre chose ? On regarde un film ? Margaux, t’as apporté un film ? Comment ça, non ? Mais c’est ton job d’apporter des films ! A quoi ça sert de passer son temps à les critiquer sur son blog si t’en apportes pas quand on te voit ?

Tante Croate entre.

Tante Croate : Rôôôh les moules devant la télé !

Tante Croate s’affale sur le matelas gonflable à côté de Tante Parisienne.

Cousine blondeCapucine : Nooon, mais vas-y dégaaage !

Tante Croate : Qu’est-ce que vous regardez ? C’est quoi ce truc de merde ? On change là. On regarde autre chose. On regarde un film ? Margaux, t’as apporté un film ? Quelqu’un me fait un massage ? Hop, j’éteins la télé.

Moi : Avec la télécommande des volets électriques, ça marche moins bien…

Tante Parisienne : On regarde Sissi l’Impératrice !

Moi : Euh. Non. C’est MA chambre. On regarde tout, mais pas ça.

Tante Parisienne : Mais on le regarde tous les ans !

Moi : JUSTEMENT.

 

Tante Parisienne : Rââââh, il est trop bôôô lui !

Ju la Velue : Qui ça ?

Tante Parisienne : Juuuude. Juuude Law.

Moi : Tu sais qu’il n’a plus de cheveux ?

Tante Parisienne : M’en fout. Il est trop beau. Il ressemble à mon mari.

Ju la Velue : Euh… ouais. De dos, dans le noir, avec une poutre dans chaque œil, c’est vrai qu’il y a une petite ressemblance.

 

Ju la Velue : Ils vont s’embrasser ! S’ils s’embrassent, je change, c’est pas pour les enfants.

"Je t’ai aimé dès le premier instant."

Capucine : Oh c’est beau !

Moi : Oh c’est nul.

Ju la Velue : Ils s’embrassent, je change.

Chemo, le Cousin : Noooon, laisse !

Capucine : Oui, laisse, c’est mignon la morve qui se mêle…

 

Cousine brunette : Regarde mon cadeau ! J’ai eu des UGG !

L’Oncle préféré : C’est magnifique ma chérie. *à part* Non mais vous trouvez ça beau, vous ? C’est immonde !

 

Le grand-père : Grégoire, c’est normal qu’on voie ton caleçon ?

Chemo : Ben oui. C’est la mode. C’est STYLE.

 

Cousine blonde : Mamaaaan, regarde la belle bague que j’ai reçue ! Elle est trop belle !

Tante Parisienne : Ah oui, magnifique ma puce. *à part* Non mais c’est affreux ce truc. Dire qu’elle est capable de mettre ça au collège…

 

Le grand-père : A TABLE !

 

Noel-reveillon-langouste.jpg

 

Le grand oncle : Moi je ne prends plus ma voiture. Ce n’est plus un plaisir de conduire. Si je la prends pour faire 600 kilomètres, je sais que je n’aurais plus de permis à la fin. En plus, non seulement ils t’arrêtent, mais ils te font la morale et te confisquent ta caisse.

Moi : Ils te la confisquent ?? Non mais tu roules à combien ?

Le grand oncle : Je ne sais pas, je ne regarde pas le compteur quand je conduis. Mais c’était mon tour de chauffe, j’étais maximum à 240.

 

La grand-mère : Et vous savez la nouvelle ?? Cécile a un copain !

La Reine Mère : Cécile ? C’est qui Cécile ?

Tante Parisienne : C’est ma cousine. Elle était célibataire depuis longtemps.

La grand-mère : Ce qui est totalement injuste. C’est une jolie fille, très intelligente en plus.

Moi : J’adore les histoires de grand-mère. C’est toujours avec des filles belles et intelligentes, qui restent célibataires toute leur vie. Cécile, et avant c’était Truc et Machine, avant c’était Unetelle, et encore avant il y a eu la petite fille de la vieille qui habite en face.

Le Saint Père : C’est vrai que c’est déprimant. Si les filles parfaites ont du mal, elle se dit qu’avec ses défauts elle est mal barrée.

L’Oncle préféré : Ben oui Margaux, ça te laisse beaucoup d’espoir pour la suite, hein ! Tu resteras toute seule toute ta vie. Joyeux Noël !

 

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La grande tante : Je n’achète plus mes lunettes chez Afflelou. Je le déteste ce youpin !

L’Oncle préféré : Ah, tu es devenue raciste, toi ?

La grande tante : Ben non, c’est pas raciste ça… c’est pas xénophobe non plus, c’est…c’est…

Moi : C’est juste antisémite.

La grande tante : Voilà. Exactement.

 

Tante Croate : On appelle les enfants pour la bûche ?

Moi : Non. Surtout pas. On mange tranquille, on les appelle après.

La Reine Mère : Margaux déteste les enfants.

Moi : Exact, je les hais du plus profond de moi-même.

Tante Croate : Heureusement, il reste ta sœur pour rattraper le coup.

La Reine Mère : Juliette a décidé de se faire ligaturer les trompes après avoir gardé ses cousines.

 

Le grand-père : Bon, je goûte aussi la bûche au café.

La grand-mère : C’est pas bon pour toi, c’est plein de sucre.

Le grand-père : Mais pas du tout, c’est plein de café.

 

Le Saint Père : Bon, ben on va y aller hein…

La grand-mère : Mais vous n’allez pas repartir le ventre vide quand même !

Moi : Ne t’inquiètes pas. On s’arrêtera au MacDo sur la route.

 

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Gâteau poire-chocolat et caramel croquant. Made by La Reine Mère (Ju la Velue tente de faire croire qu'elle a participé)(rappelons qu'à 16 ans, la Velue ne savait pas distinguer le blanc des jaunes dans un oeuf, ce qui entame sérieusement sa crédibilité culinaire).

Par Margaux
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Dimanche 25 décembre 2011 7 25 /12 /Déc /2011 09:52

__ Le ressuscité de la semaine, ce n'est pas Jésus, mais bien l’irremplaçable Frédou-chouchou. Récemment, je m’inquiétais pour la santé de Frédéric Lefebvre, qui n’avait pas fait de sortie remarquable depuis bien longtemps. Zadig & Voltaire, sa vidéo promo, sa litanie sur le diable internet… tout semblait loin et presque oublié, à tel point que certaines autres figures du gouvernement menaçaient de prendre sa place dans la catégorie des politiques à fort potentiel lolesque. Mais qu’à cela ne tienne, le pitbull du gouvernement a repris du poil de la bête. Pour justifier sa candidature dans la nouvelle circonscription Etats- HS44---Frederic-Lefebvre-Amerique.jpg Unis/Canada, créée pour les législatives de 2012, Frédou-lapinou a fait miroiter sa connaissance du continent nord-américain. « Enfant, j’ai vécu plusieurs années auprès de mon père, médecin attaché à l’hôpital de New-York », écrivait-il dans sa newsletter du 9 décembre dernier. Une information que les journalistes du Parisien ont voulu vérifier, et il semblerait que mon secrétaire d’Etat au commerce préféré ait légèrement gonflé son CV. En effet, l’expérience de Frédou-chouchou chez les Yankees se résume à « un an et demi bébé à New York », ce qui est déjà plus cohérent avec son niveau d’anglais actuel (proche du néant). Certes, cela ne vaut toujours pas ses plagiats à répétition, mais Frédou-roudoudou is back in business.

Photo : Wikimedia Commons

 

HS44---Gogirl-urinette-feminine.jpg __ L’invention de la semaine, c’est celle de Youpee Distribution (oui, rien que le nom doit te renseigner sur le côté sérieux du projet). Youpee Distribution donc, s’est donné comme mission de « sauver » les femmes. Et comme il faut bien commencer quelque part cette vaste entreprise, la société s’est attaquée à l’une des plus grandes injustices qui soient entre ces messieurs et ces dames : la possibilité pour les premiers d’uriner debout. Avantage incontestable pour éviter de poser son délicat fessier sur des toilettes aussi propres que la vaisselle de mes ex-colocs ou se laisser aller into the wild, pouvoir pisser sur ses appuis est maintenant possible pour les femmes grâce à une « urinette féminine ». Ce petit objet de silicone anti-allergisant (rose, évidemment), répondant au doux nom de Gogirl, est léger, compact, réutilisable et s’adapte à toutes les morphologies. Si vous aussi vous avez envie de savoir ce que cela fait de pouvoir uriner dans n’importe quelles conditions extrêmes, il ne vous en coûtera que 19,75 euros. Et d'après les commentaires laissés sur ce site, c'est absolument indispensable : "Pour être honnête le Go GIRL c'est comme le portable une fois qu'on l'a on se demande comment on a fait pour vivre sans !!!! N'hésitez plus !!". Bon, ben on n'hésite plus alors...

 

__ La polémique Sciences Po de la semaine, c’est celle qui a éclaté jeudi après-midi autour de la potentielle démission de Richard Descoings. En effet, Twitter commençait à bruisser de rumeurs faisant état d’un mail reçu par les étudiants de notre vénérable institution. Mail de Richie himself qui annonçait son départ. Or, il s’agissait d’un fake, Descoings n’ayant jamais eu l’intention de quitter un job qui lui permet à la fois d’avoir assez de staff pour passer ses journées à raconter sa vie et celle de ses plantes vertes sur Facebook, mais aussi de montrer son ouverture d’esprit légendaire aux yeux du monde en ouvrant sa grande école à tous grâce à un concours non-discriminant (entoure en rouge l’oxymore de la phrase précédente). Ni une ni deux, l’administration de Sciences Po coupe court à tous les bruits de timeline, alors que certains se réjouissaient déjà sournoisement sur Twitter, et que d’autres, nombreux, n’avaient même pas reçu le faux mail. Moralité : si on attaque Richie, Richie contre-attaque (sauf lorsqu'il s'agit de répondre officiellement aux révélations de Médiapart sur les superbonus octroyés à certains membres de l'administration)

HS44---Sciences-Po-demission-Richard-Descoings.jpg

 

__ La phrase de la semaine, c’est celle que l’Auvergnat m’a envoyée par sms pour me faire part de son état physique et mental en ce dimanche 25 décembre. Festoyant alors en Haute-Savoie, il avait également entamé une grève du rasoir et décidé de revêtir une chemise à carreaux. Ce qui l’a amené à écrire : « Je ressemble à un raciste psychopathe canadien photographié dans les années 90 ». J’ai tapé ça dans Google Image pour trouver à quoi cela pouvait bien ressembler. Et je suis tombée sur ça.

HS44---raciste-psychopathe-canadien-photographie.png

Et puis ça.

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Et enfin ça.

HS44---raciste-psychopathe-canadien-pub-Abercrombie.jpg

Je vous laisse remettre dans l'ordre les mots correspondant à chaque photo, entre psychopathe, raciste et photographie.

Pas un seul barbu. Et pas de chemise à carreaux. FAIL.

 

__ Le meilleur de Twitter cette semaine, c’est @Eric_Besson. Le ministre de l’industrie, connu et reconnu pour tweeter activement depuis longtemps, a en effet publié une série de messages le soir du 25 décembre. Et Eric semblait légèrement dépressif en cette fin de week-end de Noël, annonçant avec des trémolos dans le clavier (11 tweets quand même…) qu’il quittait le réseau social pendant au moins une semaine. C’est émouvant, c’est beau, et c’est à lire de bas en haut.

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Petit rappel : fwrs = followers (les gens qui s'abonnent à tes tweets). DM = Direct Message (messagerie privée sur Twitter).

Nous retiendrons quand même LA citation : "on ne naît pas #coolcool on le devient". Eric is the new Simone.

Oh ben Eric, ne soit donc pas déprimé comme cela ! Sur Twitter, il y a aussi des gens qui t’aiment et l’écrivent haut et fort.

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Oui, j'aime finir mes hits de la semaine avec Nadine. Elle le vaut bien.

Par Margaux
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Mercredi 21 décembre 2011 3 21 /12 /Déc /2011 15:25

« L’enfer, c’est les autres ». Force est de constater que la citation phare du Huis-Clos de Jean-Paul Sartre traverse les décennies avec une pertinence toujours plus édifiante. Comme quoi, on peut porter des lunettes moches et saisir l’essence même de nombreuses situations (tout n'est pas perdu, Audrey Pulvar), au premier rang desquelles nous retrouvons les transports en commun, les soldes et, dans le cas qui nous intéresse, les réunions entre parents d’élèves. Car lorsque Penelope et Mickael Longstreet rencontrent Nancy et Alan Cowan pour la première fois, c’est bien à cause de leur progéniture. Le fils des seconds ayant frappé l’enfant des premiers, il faut consigner la bagarre par écrit. En choisissant soigneusement les mots, en se comportant avec civilité puisque ce sont des adultes, eux. Et puis il suffit d’une intonation, une expression, une insinuation, et toute cette belle façade s’effrite. Les échanges cordiaux se transforment en affrontement. Les formules de politesse font place à une bataille bien mal rangée, où les alliances se font et se défont au gré des répliques acerbes. Le Carnage peut commencer.


Carnage---Roman-Polanski-Winslet-Foster-Reilly-Waltz.jpg

Adapté d’une pièce de théâtre de Yasmina Réza, spécialiste des situations banales qui basculent pour un rien (on se souvient des désastreux effets d’un tableau contemporain sur des amis dans Art), Carnage est d’abord un chef d’œuvre de mise en scène. La quasi-totalité des 80 minutes du film se déroulent dans une seule pièce, et pourtant Roman Polanski prouve avec virtuosité qu’il ne s’est jamais senti à l’étroit entre quatre murs. Sa caméra tour à tour isole, regroupe ou allie ses personnages, suivant le développement du jeu de massacre auxquels ceux-ci se livrent. Les miroirs permettent de mettre en valeur les réactions des autres aux faits des uns, les éléments de décor se muent en armes potentielles ou en pommes de discorde (mention spéciale à un bouquet de tulipes jaunes). Une mise en scène réussie l’est à la fois pour elle-même et au service du propos. Avec Carnage, Roman Polanski réussit à exploiter toutes les potentialités cinématographiques d’une pièce de théâtre.

 

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Très vite, tout se joue sur des détails. Des doigts aux ongles impeccablement vernis tapotant impatiemment sur l’accoudoir d’un canapé surgissent au premier plan. Une assiette de crumble aux pommes et aux poires est négligemment posée sur une desserte. Un portable qui sonne, une façon de s’asseoir, de manger, de se vautrer, de parler d’un hamster, et les rictus remplacent les sourires. C’est par les détails que les personnages prennent corps, et par eux qu’ils révèlent leurs fissures, leur violence et leur souffrance. Nancy (Kate Winslet), tirée à quatre épingles, toujours en train de tripoter ses gants de cuir lorsque la situation se fait tendue, se mue en véritable mégère nauséeuse frustrée du manque d’implication de son mari dans leur vie familiale. Celui-ci, Alan (Christoph Waltz), cynique et semblant inébranlable, n’a de vie qu’avec un BlackBerry. La plus horripilante est probablement Penelope (Jodie Foster), dégoulinante de bien-pensance et de moralisme déplacé sous ses airs de femme gentille, cultivée et cordon bleue suintant la boboitude par tous les pores. Elle tente en permanence de camoufler aux yeux du monde un mari caractériel (John C. Reilly), tentative parfaitement vaine après quelques verres de whisky.

 

"On a voulu être sympathiques, on a acheté des tulipes, ma femme m'a déguisé en type de gauche, mais la vérité est que je n'ai aucun self-control"


Carnage---John-C.-Reilly-Jodie-Foster.jpg


Le schéma du début du film, qui confronte les Longstreet aux Cowan, vole rapidement en éclat. Tantôt les femmes s’opposeront aux hommes, tantôt les couples s’échangeront selon les élans de sympathie, toujours éphémères, de chacun des quatre individus. Ceux-ci n’ont finalement en commun que leur humanité, leur violence contenue par les conventions sociales et la lassitude. Lorsque les premières disparaissent sous l’effet de la colère et que la seconde se fait oublier, ils s’abandonnent. Les dialogues sont vifs et piquants, les remarques fusent, et il est assez délicieux de voir la métamorphose physique qui accompagne ces joutes verbales. Jodie Foster, peut-être la plus impressionnante du quatuor de comédiens, a ainsi droit à une magnifique tirade en forme de crescendo pendant laquelle l’actrice se défigure peu à peu.


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Carnage souffre un peu de ses personnages archétypaux, son thème trop récurrent et sa chute à la limite de l’inexistence. On pourra également regretter que Christoph Waltz reste abonné aux rôles de cyniques, mais il y est trop parfait pour songer à réellement se plaindre. Surtout, le film de Roman Polanski reste d’une férocité jouissive. Le propos est pessimiste, mais rendu délectable par un humour grinçant très efficace. Le cinéaste jette sur cette boucherie bourgeoise à Brooklyn un regard à la fois implacable et léger. C’est peut-être le fait de ne pas prendre trop au sérieux ce que d’aucuns appellent la crise de la société contemporaine qui rend son film délicieux. L’enfer c’est peut-être les autres et les smartphones, mais ce n’est pas un drame. 

Par Margaux
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Dimanche 18 décembre 2011 7 18 /12 /Déc /2011 11:22

__ La bonne idée de la semaine, c’est celle de Françoise Tenenbaum, adjointe socialiste du maire de Dijon. L’élue a en effet trouvé une solution imparable pour remédier au manque de médecins en zone rurale : faire appel aux vétérinaires. Ceux-ci délaisseraient veaux, vaches et cochons pour « faire les premiers gestes » de secours sur les humains. Une décision « totalement irréaliste et dangereuse » pour l’Ordre des vétérinaires de Bourgogne, « improbable et aléatoire » pour le président du conseil régional. Quant à l’Union des chirurgiens de France, elle s’est fendue d’une petite vidéo (assez moche il faut bien le dire) pour prouver par A + B que Françoise Tenenbaum était incompétente… et qui sous-entend fortement que les vétérinaires sont des bourreaux. Personnellement, étant en contact permanent avec des gens exerçant cette profession (l’une des anecdotes préférées du Saint Père implique sa première euthanasie de chien)(il était tellement fier d’avoir réussi qu'il aurait crié un "yeeesss" de victoire après le départ des propriétaires de l'animal, fous de chagrin), je ne peux qu’approuver.


 

__ Les mécontentes de la semaine, ce sont huit femmes déçues en amour, et qui ont décidé de porter plainte. Il faut dire que leur histoire est un peu particulière : leur Jules s’est révélé être un agent sous couverture, qui n’a eu de relation avec elles que dans le but de les espionner et d’obtenir des informations. Pour trois d’entre elles, c’est le policier Mark Kennedy qui est incriminé, accusé de les avoir séduites pour infiltrer un mouvement d’activistes environnementaux. Inacceptable pour ces femmes qui estiment avoir été « physiquement et moralement » utilisées pendant plusieurs mois, voire plusieurs années (9 ans pour la relation la plus longue). Elles ont engagé des poursuites judiciaires auprès des autorités policières. Celles-ci ont rappelé que leurs agents n’avaient pas le droit de nouer d’intimes relations avec leur cible, quelle que soit la raison. Un passage du règlement que James Bond semble avoir loupé à la lecture.

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Mark Kennedy, c'est quand même pas Pierce Brosnan... (photo : Guardian)

 

__ L’être génétiquement modifié de la semaine, c’est le Breton. Personnage étrange et plein de mystères, le Breton est capable de sortir une vanne par minute. Pas toutes compréhensibles, pas toutes bonnes, et pas toutes du meilleur goût, mais je suis pitoyablement bon public. Preuve de l’adaptation biologique du Breton à son environnement naturellement hostile et humide : si on ne joue pas un remake de Noé embarquant tout plein de bébêtes dans son bateau sous le déluge, alors c’est qu’il « ne pleut pas ». Les modifications génétiques du Breton lui permettent aussi de s’adapter à un patrimoine culinaire incroyablement étrange, à base de galettes-saucisses et de beurre. Mais j’aime bien sa façon de me cultiver, moi, petite mécréante sudiste. Lorsqu’il a essayé de m’expliquer ce qu’était le Kouign-amann par exemple, il a choisi un angle calorique et d’évocatrices comparaisons :

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Je crois que le Kouign-amann est juste le truc le plus gras que tu puisses trouver. Si tu mets un Big Mac en face d’un Kouign-amann, le Big Mac va lui dire : « mais respect, mec ! ».

Last but not least, le Breton OGM trouve que s’il fait un peu plus de 3° début décembre, alors « il fait trop chaud, c’est pas normal ». Mais bien sûr.

 

__ Le débat de la semaine, c’est celui qui fait rage en Allemagne, côté est. Comme le relate le Berliner Morgenpost, les noms de rue des villes autrefois en RDA sont devenus parfois gênant pour les habitants. Et de fait, les plaques annonçant l’avenue Karl Marx, la rue de l’amitié germano-soviétique ou portant les noms de Peter Göring (un garde-frontière de RDA devenu « martyr du mur » après avoir été abattu par la police ouest-allemande)(à ce moment là, ce charmant Peter tirait sur des fugitifs qui tentaient de passer à l’ouest) font polémique. Les noms de rue ne sont pas les seuls en cause : de nombreux établissements scolaires et centres sportifs des régions autour de Berlin font allusion à la dictature communiste. Si pour les socialistes du Land de Brandenbourg, tout ceci n’est pas à prendre au sérieux, la CDU et plusieurs historiens dénoncent un manquement au devoir de mémoire et en appellent à la vigilance. Un débat qui n’est pas sans rappeler les vives réactions suscitées par un sondage sur l'"ostalgie" en 2009. Le magazine Der Spiegel avait alors révélé que 49 % des Allemands de l’Est trouvaient plus de bons que de mauvais côtés à la RDA, dans laquelle on « pouvait vivre bien ».

 

__ Le meilleur de Twitter cette semaine, c’est d’abord le compte @sweden, vitrine du pays des Blonds et des Vikings. Avec la bénédiction du gouvernement, le compte sera géré par les citoyens suédois eux-mêmes. Puisque « personne ne possède plus la « marque » Suède que son peuple », une personne différente twittera chaque semaine. Et c’est l’écrivain Jack Wermer qui s’est lancé le premier pour être ambassadeur numérique de son pays.  

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Et puis Twitter permet aussi d’avoir beaucoup d’informations très rapidement, même lorsque tu ne demandes rien.

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J’ai donc appris qu’il y a des gens, quelque part, parmi nous, qui envoient des messages affectueux à Nadine Morano.

J’ai du mal à m’en remettre.

 

Par Margaux
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Dimanche 11 décembre 2011 7 11 /12 /Déc /2011 15:07

Il arrive toujours un moment dans sa vie où l’on aperçoit son reflet dans une glace et où, au lieu de se voir, on se met à se regarder. On détaille son reflet, du front au menton, des yeux aux nez, et on finit par se poser une question existentielle. Se demander qui on est vraiment. Si on est fier de soi. Si on a de quoi. Si on ne s’est pas perdu un peu en chemin. Si on sait où on va. Martin, le héros d’Americano, atteint ce moment critique du bilan devant un assemblage de petits miroirs, à l’entrée du bar qui donne son titre au film. Il est coupé en deux, en quatre même, par les carrés mal juxtaposés qui lui renvoient son visage fatigué et ses errances. Perdu quelque part à la frontière américano-mexicaine, Martin est, à ce moment là, un homme-puzzle.


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Il faut dire qu’il vient de faire le voyage de Paris à Los Angeles pour s’occuper des funérailles de sa mère. Alors qu’il n’est pas venu lui rendre visite en Californie depuis 5 ans, il lui faut rapatrier le corps et vendre son appartement. Sur place, il retrouve Linda, amie d’enfance de la défunte, américaine jusqu’au bout de la casquette qui traverse Los Angeles à toute vitesse dans sa Mustang rouge. Il retrouve aussi une vie qu’il a laissée lorsqu’il était enfant et que son père l’a rapatrié en France. Une vie dont il ne se souvient plus, ou si mal, mais dans laquelle il y avait Lola, fillette mexicaine qu’il tentait d’impressionner sur son skate. Et lorsqu’il apprend que sa mère lègue son appartement à Lola, Martin part à sa recherche.


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Ce n’est pas facile de partir à la recherche de quelqu’un qui vous pique votre héritage. Il faut de la curiosité, bien sûr. Accepter d’avoir raté des choses pendant qu’on vivait en France avec 9 heures d’avance. Mais aussi et surtout mettre de côté la frustration, cette frustration lancinante du fils en mal d’amour maternel. Americano est un film de grand enfant, de trentenaire paumé qui a peur de l’engagement et des promesses à long terme, et tient à remettre de l’ordre dans son enfance avant de pouvoir continuer de vieillir. C’est aussi un hommage vibrant à la mère, figure sacrée, sacrifiée sur l’autel de sa progéniture. Le monologue de Lola, cigarette entre les doigts, voit venir les larmes presque aussi lentement et sûrement que les mots d'une mère à son fils. 


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Le réalisateur Mathieu Demy, également interprète principal, connait son sujet. Fils d’Agnès Varda et Jacques Demy, il porte son héritage cinématographique en bandoulière. Son premier long-métrage suinte l’influence parentale, clairement assumée puisque le cinéaste inclut dans son film des fragments d’une œuvre de sa mère, Documenteur, et en reprend la musique. Mais il y a bien plus dans Americano. C’est un film hybride, qui conjugue ce que le cinéma français a fait de plus novateur dans les années Nouvelle Vague (la disparition de l’illusion avec une adresse directe à la caméra, l’autoportrait filmé), avec les codes du road-movie américain (ah, cette belle envolée de Georges Delerue au piano pendant que Martin voyage !) et des clins d’œil au cinéma latino dès lors que le héros entre à Tijuana. Les couleurs passées de Documenteur entrecoupent les plans ensoleillées de Demy. La chaude voix de Salma Hayek tranche avec celles, métalliques, qui articulent soigneusement dans les fragments du film d’Agnès Varda.


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Et l’ensemble est étrangement harmonieux. On peut regretter quelques longueurs. Peut-être même un certain intellectualisme que d’aucuns ont déjà reproché à la Nouvelle Vague, comme si l’héritage de Mathieu Demy se faisait parfois un peu trop lourd. Mais le débutant est bon, parvient à trouver son propre rythme, et se défait de son image de « fils de ».  Il est en cela bien aidé par son actrice principale, une Salma Hayek absolument sublime, dont la première apparition laisse pantois. Perruque rouge et chapeau haut-de-forme, la mexicaine tournoie sur ses talons aiguilles, presque pas dévêtue. Et la chanson Going to the Town de Rufus Wainwright n’a jamais été aussi sensuelle. Les féministes ne manqueront pas de hurler au scandale. J’en appellerai à la beauté, cette beauté qui magnifie les cicatrices et suspend l’instant.


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Les seconds rôles ne sont pas en reste. La douce Chiara Mastroianni campe Claire, bloquée avec un Martin hésitant et borné qui refuse d’avancer à son rythme. Jean-Pierre Mocky donne au père toute sa rudesse bienveillante et son manque de tact. Et Géraldine Chaplin interprète une Linda engoncée dans le paradoxe de ces petites vieilles proche de la momification, qui sont à la fois attachantes et parfaitement insupportables. Americano est un film surprenant, qui ne se laisse pas envahir par la mélancolie d’un éternel enfant cherchant à conjuguer le passé au présent. Sa conclusion semble être celle de Mathieu, celle de Martin, celle de tant d'autres. Ta mère, tu l’aimes et tu la quittes. 

 

Par Margaux
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