Lundi 15 mars 2010
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Bon, en fait ce sont les hits des trois dernières semaines là. Trois semaines pendant lesquelles ma vie sociale a été réduite à
néant (comprendre : encore plus que d’habitude). Et puis, samedi dernier (oui, samedi. La cruauté administrative de mon
école n’a pas de limites), pendant 4h, sommet, summum, maximum, apogée,
paroxysme, j’ai dû prouver l’existence de la classe ouvrière en France au XXe siècle. Et là je m’suis dit : p’tain, c’est trop kiffant, voilà la preuve
que la vie vaut la peine d’être vécue. Du coup, j’ai reporté mon suicide à plus tard. Bref.
__ La remarque Sciences Po de la semaine, c’est celle
de ma prof d’histoire politique, VRC, faite pour moi et juste pour moi avec un petit sourire en coin. Je venais de faire allusion, quelques minutes plus tôt, à la vie sexuelle de Victor
Hugo et son impact sur sa défense acharnée du droit au divorce (vu que le gus a été pris en flagrant délit d’adultère avec sa maîtresse Juliette Drouet, ça l’aurait
bien arrangé de pouvoir divorcer de sa pauvre femme cocue. Savoir ça, c'est vraiment de la CULture). Puis, répondant à une question, j’ai émis l’hypothèse que les
révolutionnaires, en 1789, ne devaient pas vraiment avoir les féministes à la bonne puisqu’ils ont raccourci Olympe de Gouge à la guillotine. VRC, du tac au tac : « ah, mais je vois que vous êtes une fan de l’Histoire Biba ! [avec du sexe, de la psychologie à 2 balles et des
scandales] ». VRC, en plus d’être une prof passionnante et super bien habillée, m’a percée à jour.
__ La polémique de la semaine, c’est celle déclenchée par une campagne anti-tabac montrant des jeunes, cigarettes à la bouche, à genoux devant des adultes en costumes, dans une position très semblable à l’une de celles
du Kama Sutra (cf. photos). La légende : "Fumer, c'est être l'esclave du tabac". Ces images ont aussitôt déclenché un tollé général, de Nadine Morano,
Secrétaire d’Etat à la famille à l’Autorité de la publicité (ARPP), qui a tout bonnement demandé son interdiction, en passant par Roselyne Bachelot. Il faut dire qu’elle est très intellectuelle
cette publicité, en fait, et qu’on ne peut pas la résumer par un « ceci est bien une pipe » tout trouvé, comme s’il y avait une analogie directe
entre n’importe quelle fellation et le fait de fumer. Il faut faire attention à tous les détails pour bien comprendre, des mains appuyant sur la tête aux costumes des hommes qui
en font des adultes hiérarchiquement supérieurs, et pas des partenaires potentiels. Cela semble bien trop compliqué si la publicité vise des ados qui, comme chacun sait, ont une
capacité de réflexion très limitée. Toujours est-il que les militants pour les Droits des non-fumeurs doivent bien rigoler car leur publicité est maintenant connue de tous sans
avoir coûté un centime en communication, puisqu’elle est annulée.
__ Le marathon Sciences Po de la semaine, c’est le mien. J’ai commencé par faire des exercices de grammaire allemande, ça c’est le
pied, et l’avantage c’est que ce n’est absolument pas compliqué. Ensuite, j’ai embrayé sur le commentaire d’un graphique en anglais, puis j’ai parlé de l’industrie
cinématographique américaine pendant 15 minutes, avant d’enchaîner un autre quart d’heure sur l’Exposition coloniale de 1931, ce qui a engendré un
débat tumultueux sur le bien-fondé du musée des arts premiers au Quai Branly. Enfin, j’ai blablaté une dernière quinzaine de minutes sur le travail des caissières de
supermarché. Et là, j’ai envie de gueuler contre Mme Bernard, auteure du texte à analyser sur lesdites caissières. Visiblement, Mme Bernard n’a jamais fait un tour chez Ed en bas de chez
moi. Parce que franchement, affirmer que les caissières sont des pauvres femmes qu’on martyrise, nous, les clients, et qui doivent s’adapter à chacun, c’est vrai pour certaines, peut-être même la
plupart, mais pas pour celles de chez Ed. Chez Ed, c’est le client qui est martyrisé par la caissière, qui balance les produits d’un côté du tapis roulant à l’autre, les œufs ou les pêches mûres
ne faisant pas exception. La caissière n’attend pas que tu aies fini de mettre tes achats dans la poche, elle aboie. Tu paies vite, pour qu’elle cesse d’aboyer. Et là, tu te prends en pleine
tronche les cannettes de bière du client d’après vu que tu n’as pas débarrassé le plancher assez vite.
__ Le choc culturel de la semaine, c’est celui vécu par Alexandra B. dans le McDonalds du boulevard St Michel. Alors qu’elle et moi étions attablées avec mon vénéré
BigMac-pain-complet-mais-sans-pain-complet-parce-qu’on-n’a-plus-de-pain-complet-mademoiselle et son sacro-saint McChicken, Alexandra a décidé d’aller aux toilettes. Jusque là tout va bien, c’est
lorsque je l’ai vue revenir des ladies room deux secondes plus tard avec l’air d’avoir avalé une douzaine de potatoes de travers que j’ai compris que quelque chose n’allait pas. Bon, en fait
Alexandra a croisé une bande de filles de 12 ans, slims et sacs Longchamp portés au-creux-du-coude-je-souffre-d’une-atrophie-des-muscles-de-mon-membre-supérieur-droit, en train de se prendre en photo dans les glaces des chiottes du MacDo. Entre
appeler la sécurité et sauver nos vies, nous choisîmes la seconde option et prîmes nos jambes à nos cous.
__ Le harcèlement Sciences Po de la semaine, c’est celui que fait subir M.F., mon très cher prof de « Media and politics » (oui, c’est en anglais et oui, c’est la classe), à sa
cinquantaine d’élèves. Le gus nous bombarde de mails, j’en suis pour le moment à une bonne moyenne d’un par jour, dimanche, samedi et vacances comprises. Il nous envoie à chaque fois deux ou
trois articles à lire, qui viennent s’ajouter à son recueil de texte, ledit recueil m’ayant déjà coûté une bonne dizaine d’euros et comptant 350 pages. Le pire, c’est que ses mails sont envoyés
au beau milieu de la nuit. Matthew, si tu me lis, faut dormir un peu de temps en temps (et nous lâcher la grappe par la même
occasion) !
__ L’abus de langage de la semaine, c’est celui qui consiste à dire que le « FN renaît » avec les résultats de ces dernières élections régionales. Une petite analyse sémantique rapide suffit pour voir où
est l'erreur : on ne renaît que lorsqu’on est déjà mort.
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