Jeudi 18 mars 2010 4 18 /03 /Mars /2010 09:13

 

Il y a des dizaines et des dizaines de raisons d’aimer le cinéma.

Dont la mienne.

 

Cette raison se retrouve dans tous les bons films, mais elle ne se gonfle véritablement de sens que lorsque le film est, au sens très personnel du terme, puisque des chefs d’œuvres du septième art me sont déjà tombés des yeux, vraiment réussi. A Single Man est de ceux là, de ceux que l'on ne regarde pas véritablement, mais dans lesquels on plonge.

 

Tout y est sublime, chaque plan, chaque geste, chaque expression tombe juste. George vient de perdre l’amour de sa vie, George se noie chaque jour depuis huit mois dans l’indifférence la plus totale du reste du monde. Trois personnes exceptées. Une meilleure amie un peu paumée comme lui, un espagnol beau comme un Dieu qui restera sur le parking, un élève aux grands yeux bleus. Mais ça, il ne le sait pas encore.

Tom Ford réussit une chose rare au cinéma : il saisit l’instant. L’instant brûlant, qui n’est déjà plus, mais qui laisse ses personnages marqués au fer rouge. Un battement de cil, une volute de fumée de cigarette entre des lèvres, un regard, avant que l’horloge ne reprenne son entêtant tic-tac. Ce sont ces instants fulgurants qui font son film, qui laissent échapper d’un seul coup toute la sensualité de l’œuvre. Tout son tragique aussi.

Carlos - a single man

Et si cela fonctionne, c’est parce que c’est un délicieux équilibre entre la franchise et la retenue. La franchise de nous montrer le pitoyable, ce George aux cheveux gominés qui reçoit le coup de téléphone fatidique et semble disparaître peu à peu dans son fauteuil. Sans coupure, sans contre champ malvenu. La retenue aussi de suggérer des regards pleins de promesses, des caresses imperceptibles.

 

Colin Firth, portant le film de bout en bout sur ses épaules d’homme anéanti qui ne sait plus rien faire si ce n’est mentir. En face, Julianne Moore, sculpturale, incandescente, éperdue, magnifique.

 

 

 

[Musique de Shiberu Umebayashi, compositeur notamment de Wong Kar Wai]



Vers 00h39, la rue que j’emprunte pratiquement tous les jours n’était plus la même. Paris avait changé, de ses pavés irréguliers à son ciel lourd.
A moins que ce ne soit moi.
 
Il y a des dizaines et des dizaines de raisons d’aimer le cinéma.

Dont la mienne.


Cela me fait me sentir vivante.


Par Margaux
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Lundi 15 mars 2010 1 15 /03 /Mars /2010 13:27

Bon, en fait ce sont les hits des trois dernières semaines là. Trois semaines pendant lesquelles ma vie sociale a été réduite à néant (comprendre : encore plus que d’habitude). Et puis, samedi dernier (oui, samedi. La cruauté administrative de mon école n’a pas de limites), pendant 4h, sommet, summum, maximum, apogée, paroxysme, j’ai dû prouver l’existence de la classe ouvrière en France au XXe siècle. Et là je m’suis dit : p’tain, c’est trop kiffant, voilà la preuve que la vie vaut la peine d’être vécue. Du coup, j’ai reporté mon suicide à plus tard. Bref.

 

 

__ La remarque Sciences Po de la semaine, c’est celle de ma prof d’histoire politique, VRC, faite pour moi et juste pour moi avec un petit sourire en coin. Je venais de faire allusion, quelques minutes plus tôt, à la vie sexuelle de Victor Hugo et son impact sur sa défense acharnée du droit au divorce (vu que le gus a été pris en flagrant délit d’adultère avec sa maîtresse Juliette Drouet, ça l’aurait bien arrangé de pouvoir divorcer de sa pauvre femme cocue. Savoir ça, c'est vraiment de la CULture). Puis, répondant à une question, j’ai émis l’hypothèse que les révolutionnaires, en 1789, ne devaient pas vraiment avoir les féministes à la bonne puisqu’ils ont raccourci Olympe de Gouge à la guillotine. VRC, du tac au tac : « ah, mais je vois que vous êtes une fan de l’Histoire Biba ! [avec du sexe, de la psychologie à 2 balles et des scandales] ». VRC, en plus d’être une prof passionnante et super bien habillée, m’a percée à jour.

 

__ La polémique de la semaine, c’est celle déclenchée par une campagne anti-tabac montrant des jeunes, cigarettes à la bouche, à genoux devant des adultes en costumes, dans une position très semblable à l’une de celles du Kama Sutra (cf. photos). La légende : "Fumer, c'est être l'esclave du tabac". Ces images ont aussitôt déclenché un tollé général, de Nadine Morano, Secrétaire d’Etat à la famille à l’Autorité de la publicité (ARPP), qui a tout bonnement demandé son interdiction, en passant par Roselyne Bachelot. Il faut dire qu’elle est très intellectuelle cette publicité, en fait, et qu’on ne peut pas la résumer par un « ceci est bien une pipe » tout trouvé, comme s’il y avait une analogie directe entre n’importe quelle fellation et le fait de fumer. Il faut faire attention à tous les détails pour bien comprendre, des mains appuyant sur la tête aux costumes des hommes qui en font des adultes hiérarchiquement supérieurs, et pas des partenaires potentiels. Cela semble bien trop compliqué si la publicité vise des ados qui, comme chacun sait, ont une capacité de réflexion très limitée. Toujours est-il que les militants pour les Droits des non-fumeurs doivent bien rigoler car leur publicité est maintenant connue de tous sans avoir coûté un centime en communication, puisqu’elle est annulée.


Campagne anti-tabac  


__
Le marathon Sciences Po de la semaine, c’est le mien. J’ai commencé par faire des exercices de grammaire allemande, ça c’est le pied, et l’avantage c’est que ce n’est absolument pas compliqué. Ensuite, j’ai embrayé sur le commentaire d’un graphique en anglais, puis j’ai parlé de l’industrie cinématographique américaine pendant 15 minutes, avant d’enchaîner un autre quart d’heure sur l’Exposition coloniale de 1931, ce qui a engendré un débat tumultueux sur le bien-fondé du musée des arts premiers au Quai Branly. Enfin, j’ai blablaté une dernière quinzaine de minutes sur le travail des caissières de supermarché. Et là, j’ai envie de gueuler contre Mme Bernard, auteure du texte à analyser sur lesdites caissières. Visiblement, Mme Bernard n’a jamais fait un tour chez Ed en bas de chez moi. Parce que franchement, affirmer que les caissières sont des pauvres femmes qu’on martyrise, nous, les clients, et qui doivent s’adapter à chacun, c’est vrai pour certaines, peut-être même la plupart, mais pas pour celles de chez Ed. Chez Ed, c’est le client qui est martyrisé par la caissière, qui balance les produits d’un côté du tapis roulant à l’autre, les œufs ou les pêches mûres ne faisant pas exception. La caissière n’attend pas que tu aies fini de mettre tes achats dans la poche, elle aboie. Tu paies vite, pour qu’elle cesse d’aboyer. Et là, tu te prends en pleine tronche les cannettes de bière du client d’après vu que tu n’as pas débarrassé le plancher assez vite.

 

__ Le choc culturel de la semaine, c’est celui vécu par Alexandra B. dans le McDonalds du boulevard St Michel. Alors qu’elle et moi étions attablées avec mon vénéré BigMac-pain-complet-mais-sans-pain-complet-parce-qu’on-n’a-plus-de-pain-complet-mademoiselle et son sacro-saint McChicken, Alexandra a décidé d’aller aux toilettes. Jusque là tout va bien, c’est lorsque je l’ai vue revenir des ladies room deux secondes plus tard avec l’air d’avoir avalé une douzaine de potatoes de travers que j’ai compris que quelque chose n’allait pas. Bon, en fait Alexandra a croisé une bande de filles de 12 ans, slims et sacs Longchamp portés au-creux-du-coude-je-souffre-d’une-atrophie-des-muscles-de-mon-membre-supérieur-droit, en train de se prendre en photo dans les glaces des chiottes du MacDo. Entre appeler la sécurité et sauver nos vies, nous choisîmes la seconde option et prîmes nos jambes à nos cous.

 

__ Le harcèlement Sciences Po de la semaine, c’est celui que fait subir M.F., mon très cher prof de « Media and politics » (oui, c’est en anglais et oui, c’est la classe), à sa cinquantaine d’élèves. Le gus nous bombarde de mails, j’en suis pour le moment à une bonne moyenne d’un par jour, dimanche, samedi et vacances comprises. Il nous envoie à chaque fois deux ou trois articles à lire, qui viennent s’ajouter à son recueil de texte, ledit recueil m’ayant déjà coûté une bonne dizaine d’euros et comptant 350 pages. Le pire, c’est que ses mails sont envoyés au beau milieu de la nuit. Matthew, si tu me lis, faut dormir un peu de temps en temps (et nous lâcher la grappe par la même occasion) !

 

__ L’abus de langage de la semaine, c’est celui qui consiste à dire que le « FN renaît » avec les résultats de ces dernières élections régionales. Une petite analyse sémantique rapide suffit pour voir où est l'erreur : on ne renaît que lorsqu’on est déjà mort.


Par Margaux
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Samedi 27 février 2010 6 27 /02 /Fév /2010 13:52

Brothers
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C
e qu’il y a de notable, de marquant, d’important, d’intéressant dans le dernier film de Jim Sheridan, c’est la notion de décalage, un peu comme sur son affiche pas très raccord. Décalage entre Sam et les autres, puisque lui a vécu cette guerre innommable, que lui seul a enduré les supplices, l’humiliation, la déshumanisation. Et comme il le dit si bien, « ils ne peuvent pas comprendre ». Décalage ensuite entre Grace, la femme de Sam, et son mari revenu d’entre les morts. Lui ne sait pas ce qu’il s’est exactement passé pendant son absence entre son frère Tommy et Grace, la douleur de l’absence, le vide que l’on cherche à combler, les désirs coupables que l’on éteint plus ou moins bien. Elle est obligée de le voir revenir sans un mot d’explication, il est obligé de lui faire confiance, et ni l’un ni l’autre n’arrivent à se faire à ce décalage qui se met à lézarder leur vie. Décalage enfin entre les enfants et les adultes, les premiers ressentent directement, surtout ce qu’on veut absolument leur dissimuler, et réagissent sans passer par la barrière des convenances et des mensonges. Les seconds au contraire mentent perpétuellement, se retiennent, se regardent sans rien dire, sans rien avouer. Et c’est là que, de ces décalages, doublés d’une incapacité à parler et à entendre, naissent la gêne, la culpabilité. Jusqu’à ce que tout explose au détour d’un repas de famille.

Jim Sheridan dissèque sa bonne famille de banlieue américaine sur trois générations avec dextérité. Graduellement, adroitement, il avance les pions de son histoire, esquissant la psychologie de ses personnages. En cela, le père de Sam et Tommy, joué par l’excellent, le grandiose, l’admirable Sam Shepard, est certainement la figure la plus réussie. Vétéran de la guerre du Vietnam, il se retrouve dans son fils ainé militaire, vit sa vie par procuration, l’encourage. Du même coup, il étouffe Tommy, l’autre fils, le cantonnant dans un rôle de bon à rien que celui-ci finit par accepter. Cette différence de traitement se retrouve avec les filles de Sam et Grace, l’une adorable, et l’autre qui reste l’autre, ne trouvant sa place que dans l’aveu de ses sentiments les plus profonds (elle voudrait que son oncle remplace son père), aveu inconscient pour une enfant mais qui bouleverse de son impudeur tout le monde des adultes.

Pour mettre en place une telle dramaturgie et donner à cette famille toute sa réalité, Sheridan s’appuie sur des acteurs impressionnants. Dans les seconds rôles, outre Sam Shepard, on se retrouve face à deux filles très bien choisies pour les enfants de Grace. Peut-être est-ce parce que l’on n’a pas cherché forcément à présenter deux beautés de catalogue Cyrillus, toujours est-il que moi qui suis souvent allergique aux personnages enfants, je leur tire mon chapeau. Tobey Maguire incarne un Sam convaincant, quoi qu’il frôle dangereusement parfois la limite du jeu « à-la-recherche-d’un-oscar-grâce-à-mon-rôle-de-torturé ». Natalie Portman n’en peut plus de transporter sa grâce et sa beauté d’un bout à l’autre du film, même dans un vieux jogging gris, et évite habilement l’écueil mélodramatique de son personnage abandonné. Elle est délicate et nuancée, elle sourit, on est à ses pieds. Jake Gyllenhaal nous offre une scène de baiser très réussie, un mélange de délicatesse et de franchise bien desservi par ses grands yeux bleus, et on ne dirait pas comme ça, mais c’est rare de trouver une telle tension sexuelle dans un simple baiser au cinéma.

N
ous avons donc une histoire classique mais toujours fédératrice, des acteurs grandioses, de la profondeur, bref, un cocktail détonnant pour faire un grand film. Et c’est là, sous vos yeux ébahis, que Sheridan se gamelle lamentablement. Certes, ce n’est pas non plus une gamelle la tête la première avec fracture ouverte à la clef, ce serait plutôt une petite chute gentillette, mais qui déçoit énormément. Le film souffre d’abord de sa mise en scène trop classique, un peu figée, très attendue. L’histoire étant déjà banale, elle aurait mérité un traitement plus engagé, plus personnel, et l’on est d’autant plus déçu que le réalisateur nous offre parfois de très beaux moments, mais qui ne lancent pas la machine. Surtout, les scènes qui suivent l’aventure de Sam en Afghanistan et son emprisonnement par les taliban sont ratées. Sheridan n’a pas su choisir entre la guerre et ce qu’il se passe pendant ce temps, lorsque le soldat est absent. Du coup, il bâcle l’Afghanistan, sujet extraordinairement complexe, en ne faisant à ce sujet que des scènes qui se veulent ultra violentes mais tombent à plat, et entrecoupe l’histoire de Grace et Tommy, qui a du mal à repartir à chaque fois. On s’accroche, on supplie, on aimerait tellement se laisser prendre par l’émotion...mais ce ne sera pas pour cette fois. Brothers reste un film à voir, ne serait-ce que pour les acteurs, l'histoire et la scène du baiser.


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Par Margaux
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Mercredi 24 février 2010 3 24 /02 /Fév /2010 01:09

Wolfman International PosterDans le hit parade des trucs sans gravité les plus nuls qui puissent m’arriver, entre me battre avec les mecs de la Poste qui ont encore perdu mon colis, être victime de la fourberie de mon réveil alors que j’ai un cours d’allemand à 8h ou perdre le combat quotidien que je livre à mes cheveux, il y a arriver au cinéma en avance et voir une séance afficher complet. C’est dans ces moments là de profonds désespoirs que l’on prend des décisions difficilement justifiables par la suite. C’est dans l’un de ces moments que j’ai décidé d’aller voir Wolfman, en me disant au tréfond de moi-même qu'un peu de changement, d'imprévu, de risque, ça ne fait pas de mal. Ben en fait si.


Wolfman, c’est la réappropriation du mythe du loup-garou, genre un peu abandonné au cinéma depuis 1994 et le Wolf de Mike Nichols, et remis au goût du jour par Twilight, mais dans une version largement édulcorée, lesdites créatures étant des types bodybuildés qui se baladent torse poil le jour, et des loups plutôt sympas quoi que très mal faits le reste du temps. Joe Johnston, à qui l’on doit entre autres Jumanji et Jurassik Park 3 en donne ici sa version, avec un casting alléchant, Benicio Del Toro et Anthony Hopkins en tête, excusez du peu.


La fesse gauche à peine posée, j’ai compris que déjà, j’avais choisi le mauvais siège de la (minuscule) salle. Assise à côté d’un couple de mon âge, ma venue a déclenché une crise de ménage puisqu’elle voulait changer de place et lui l’a remballée. Cela s’est terminé par une claque mémorable, administrée par elle sur lui. Ambiance.


Au début du XXe siècle, Talbot fils rentre au manoir familial, appelé par sa belle-sœur à la rescousse car son frère a disparu. Le temps qu’il se ramène dans une immense bâtisse en ruine pleine de toiles d’araignées, le corps du frère est retrouvé dans un fossé. Malgré les relations exécrables qu’il entretient avec son père, Talbot décide de rester pour faire la lumière sur le meurtre du frérot, visiblement déchiqueté par une bête sauvage. Sauf qu’à vouloir jouer les héros, on finit par se faire mordre. Benicio Del Toro devient donc, les soirs de pleine lune, une bête bien moche, pleine de poil, et a une drôle de tendance à éviscérer tout être vivant alentours. Le film tente d’installer une atmosphère particulière qui m’a beaucoup fait penser, dans les premières minutes, au Sleepy Hollow de Tim Burton, avec le teint grisâtre de la photographie, des forêts brumeuses et un village boueux en pierre. Ce n’est pas très original, mais certaines scènes sont plutôt belles. En revanche, cinq minutes de film suffisent pour s’apercevoir que le scénario est complètement creux. Les personnages ne sont pas fouillés, pas plus que leurs relations, alors que celles entre Talbot père et Talbot fils auraient pu donner un peu de matière. Sans profondeur, on se retrouve face à des acteurs en petite forme, et c’est d’autant plus frappant lorsqu’on sait de quoi ils sont capables (Hopkins dans La Couleur du mensonge ou Le Silence des Agneaux, Del Toro dans 21 grammes ou Le Che). Anthony a un vague sourire en coin, Del Toro fait les gros yeux, Hugo-Elrond-Weaving est transparent.


Lui a commencé à faire des commentaires sur tout et n’importe quoi, mais surtout n’importe quoi, à voix haute. Un film raté est une épreuve, mais un film raté avec quelqu’un à côté qui trouve que c’est l’œuvre du millénaire et le dit, c’est bien pire. Et c’est là que son portable a sonné. Et qu’il a répondu. Et qu’il a sonné trois fois, et qu’il a répondu trois fois aussi.


Wolfman est un film creux, mais aussi un film mal fait, et pour le genre fantastique, c’est potentiellement problématique. Les effets spéciaux sont grossiers, avec une mention spéciale aux scènes de courses à quatre pattes du loup-garou, dignes de figurer dans une série est-allemande avec 100 Deutsch Mark de budget par épisode. Quant au combat final, on pourrait presque voir les trampolines utilisés pour effectuer les sauts. Pour couronner le tout, c’est un film gore qui ne s’assume pas, donc trop gore pour ceux qui n’aiment pas ça (au hasard : moi-même), mais pas assez pour ceux qui aiment, comme si Joe Johnston avait absolument voulu éviter une limite d’âge plus élevée à l’entrée, tout en distillant quand même des petits corps éventrés par ci et des petites têtes coupées par là.


Au beau milieu d’une attaque violente, qui projette des intestins et des boyaux partout, je décide de regarder autre chose que l’écran. A droite, mes voisins sont en train de se bécoter. A gauche, ma voisine kiffe grave, et rit aux éclats. Le tout sur fond de membres arrachés.


Finalement, Wolfman m’a permis de faire une étude sociologique poussée sur la banalisation de la violence, et la prise de pouvoir des femmes sur les hommes. Mais certainement pas d’occuper utilement mon après-midi.

Par Margaux
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Dimanche 21 février 2010 7 21 /02 /Fév /2010 00:55

gainsbourg-le-film-11


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Les critiques de cinéma sont des gens influents. Sur moi, du moins. La critique était unanime, c’est le film du début d’année, une « réussite totale », bref, tout le monde est à genoux devant Joann Sfar, à part Eric Naulleau, mais les frustrés de la vie ne comptent pas.

Force est de constater que Gainsbourg (vie héroïque) m’a déçue. Au début, difficile de dire pourquoi, tant il est évident que Sfar réalise tout de même un tour de force : raconter la vie d’une icône sans reprendre son parcours par le menu, imprimer un véritable souffle à une biographie, chose qui manque cruellement en général, comme l’avaient prouvé La Môme ou Coco avant Chanel. Ce parti pris est tout à son honneur, tout comme les touches de poésie insérées çà et là grâce à des marionnettes difformes, et qui permettent de saisir des bribes de la personnalité du poète, chanteur, musicien, un peu peintre sur les bords, confronté à ses origines juives et sa laideur. Seulement voilà, on a l’impression que pendant 2h10 (oui, deux heures et dix minutes), Sfar répète à qui veut le regarder que son biopic n’est pas comme les autres, qu’il va aussi prendre des chansons moins connus de Gainsbourg, et qu’il ne racontera pas simplement sa vie. Du même coup, le film s’essouffle dans son dernier tiers, s’attardant sur des épisodes sans intérêts de la vie du musicien, s’empêtrant dans des histoires secondaires en oubliant peut-être de se concentrer sur le basculement de Gainsbourg vers Gainsbarre. Les ellipses deviennent envahissantes, donnant l’impression d’un film édulcoré dès qu’il s’agit de parler des côtés noirs d’une personnalité qui, pourtant, ne peut être comprise sans. Jane Birkin, qui a pourtant été LA femme de la vie de Gainsbourg, n’a droit qu’à un quart d’heure de traitement, comme toutes les autres.

C’est là finalement que réside toute la force d’un film par ailleurs inégal, long, tour à tour creux et inspiré : le jeu des comédiens, qui ne se contentent pas de vagues imitations, mais transcendent leurs personnages. J’ai trouvé la scène au piano avec Anna Mouglalis (Juliette Gréco) très réussie, Laetitia Casta ravive de manière incroyable le mythe Brigitte Bardot avec ses cuissardes et son drap blanc autour du corps, et Eric Elmosnino est tout simplement formidable, réussissant à rendre Gainsbourg dans toute son ambigüité.

On a donc une impulsion de départ excellente, où la créativité de Sfar, mais aussi son intérêt pour son sujet explosent littéralement, avant que le film ne s’étire, comme si le réalisateur n’avait pas su aller au bout de ses idées, mais au contraire avait essayé de condenser un maximum de sketchs sans grand lien les uns avec les autres, vulgaires copié-collé de la réalité. Ce qui n’a absolument aucun intérêt au cinéma.


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Bardot Gainsbourg

Par Margaux
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