__ L’intervention télévisée de la semaine, c’est celle de Nicolas Sarkozy lundi soir. Notre bien-aimé président de la République était l’invité de Paroles de Candidat, émission présentée par Laurence Ferrari sur TF1, durant laquelle des gens exerçant des métiers divers et variés posent des questions aux candidats à l’élection présidentielle, avant que des journalistes ne prennent le relais. Des questions d’internautes sont également posées par la présentatrice à intervalles irréguliers, de préférence n’importe quand. Le résultat est une espèce d’interrogatoire en vrac, alternant entre les relations internationales et les problèmes hyperlocaux, les traités européens et la route toute cabossée qu’il faudrait refaire entre Castelmoron-d’Albret et Morillon parce que le tracteur, il passe p’us. Notons que la prestation de Nicolas Sarkozy fut émaillée d’une mauvaise foi assez incroyable lorsque Laurence Ferrari, oubliant deux minutes sa formation d’attachée de presse, lui a posé la question du financement de la campagne de 2007 par Kadhafi. « Je suis désolé pour vous que vous soyez la porte-parole du fils de Kadhafi », a dit le président, faisant fi des documents dévoilés par Mediapart. Mais la grande question demeurée sans réponse de ce programme télévisé reste encore et toujours celle du déodorant de Nicolas Sarkozy. Le candidat est en effet apparu littéralement trempé pendant les plus de deux heures qu’a duré son intervention, sa chemise virant du blanc au rose. On ne sait si c’était à cause des projecteurs ou des questions sur les affaires, mais le médecin anesthésiste passé en dernier lui a quand même fourbement proposé de se réhydrater, invoquant sa « responsabilité médicale ».
__ La campagne de la semaine, ce n’est ni celle de Marine Le Pen, qui a enfin eu ses 500 parrainages mon-dieu-mais-quelle-surprise, ni celle de François Hollande, qui a repris 5 kilos, ni celle d’Eva Joly, qui a disparu de la circulation, mais celle de sensibilisation contre l’abstention. Sous l’impulsion de l’association des Agences conseils en communication, huit agences de pub ont décidé d’encourager la population française à se rendre aux urnes. Entre les comiques et les institutionnelles, celles pour les jeunes et les classiques, petit florilège.
__ Le meilleur de Twitter cette semaine, il nous est généreusement offert par Corinne Lepage. La candidate « seule perdue dans la nature » (© Jean-Michel Aphatie), en mal des 500 parrainages nécessaires pour se présenter à l'élection présidentielle, a trouvé un moyen original de quémander les signatures qui lui manquent. Elle a tout simplement lâché son 06 sur Twitter.
Une initiative dont l’efficacité est encore difficile à déterminer, mais qui a suscité de nombreuses réactions sur le réseau social.
__ Le pire de Facebook cette semaine, je ne peux malheureusement vous le montrer par égard pour le peu de dignité restant de la demoiselle concernée (qui n’est pas dans mes contacts, donc ses photos sont publiques), mais sachez que l’une des amies de ma cousine de 14 ans se prend en photo plongée dans l’eau de sa baignoire tout habillée. En train de reboutonner son short pour être exacte. Concept.
Dans la série ado perturbé, notons aussi que pour le mec qui a fortement inspiré ma chronique sur l’amour 2.0, et qui s’est séparé une cent quarante-septième fois de sa meuf avant de se remettre avec six heures plus tard, « l’amour ça fait mal, mais je l’aime ». Perspicace.
__ La vidéo de la semaine, c’est celle du collectif Invisible Children intitulée Kony 2012.
KONY 2012 from INVISIBLE CHILDREN on Vimeo.
Visionnée plus de 100 millions de fois en une semaine, ce film d’une petite trentaine de minutes a explosé le record établi par la prestation de Susan Boyle, succès cybernautique en 2009. Un engouement d’autant plus remarquable que cette vidéo poursuit un but humanitaire en militant pour l’arrestation d’un chef de la rébellion ougandaise, Joseph Kony. Accusé de crime de guerre et de crime contre l’humanité par la Cour Pénale Internationale, Kony cours toujours sur les terres africaines avec les enfants soldats qu’il enrôle de force, et Invisible Children réclame une intervention américaine. Et c’est la première fois que les humanitaires utilisent ainsi une vidéo dite « virale » au lieu de passer par les médias classiques. Un moyen de s’adresser directement au public, puisque le film a été relayé massivement sur les réseaux sociaux, mais qui n’est pas sans susciter la controverse. D’abord sur le fond, d’aucuns reprochant au collectif de simplifier des enjeux très complexes. Mais aussi sur la forme, cette vidéo étant une vaste opération de communication. Porte ouverte à la propagande et à la manipulation ? Racolage affectif ? Ju la Velue a son avis sur la question.
Si toi aussi tu te demandes quel est donc cet avatar très what-the-fuck, sache que c’est Clint Eastwood avec un tatou dans les bras. Te voilà bien avancé.
__ L’article de la semaine, c’est celui du Wall Street Journal qui nous parle d’un candidat à l’élection présidentielle française un peu particulier… Nicolas Le Pen. Après les récentes déclarations du président sur le nombre trop élevé d’étrangers en France et sa volonté de sortir de l’espace Schengen si celui-ci n’était pas réformé, le quotidien américain a fustigé le lien établi par Nicolas Sarkozy entre l’absence de contrôle des frontières et l’impossibilité de financer l’Etat Providence. Pour le journaliste, c’est une « pensée laide », non seulement parce qu’elle joue sur la peur, mais aussi parce qu’elle dénote une ignorance grave en matière économique. Mais ce qui est encore plus intéressant, c’est le sous-titre de l’article. « Even by local standards, the French President’s recent burst of xenophobia is pretty cynical” [Même selon les standards locaux, l’élan de xénophobie du president français est assez cynique]. Ce qui sous-entend qu’en France, nous avons quand même l’habitude d’être particulièrement cynique. La vision américaine de la société française qui transparaît tout au long de l’article est sans appel : nous sommes des gens qui ne se soucient que de leur social-démocratie, dirigés par des incompétents en matière budgétaire. Ce qui, quel que soit le résultat de l’élection, ne risque pas de s’améliorer, François Hollande en prenant également pour son grade avec sa taxe à 75%.







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